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Introduction

Au cours des derniers mois, nous avons pu observer les conséquences dévastatrices du nouveau coronavirus (COVID-19), ainsi que ses impacts sur les marchés financiers canadiens et mondiaux. Jusqu’à présent, les secteurs de la vente au détail, de la fabrication, du pétrole et du gaz, du tourisme, de l’alimentation et de l’hébergement font partie des plus durement touchés. En plus du ralentissement économique monumental, les problèmes touchant les chaînes d’approvisionnement internationales persistent, et l’économie mondiale subira probablement les conséquences de cette pandémie pendant encore un certain temps. Puisque les prévisions en matière de production mondiale changent rapidement et fréquemment, notre situation économique actuelle est en constante mutation, et l’incertitude quant aux impacts significatifs et durables de cette crise sanitaire continue d’alimenter la volatilité des marchés financiers et de perturber le processus décisionnel des entreprises.

La COVID-19 s’insère dans un contexte économique canadien et mondial déjà difficile, alors que la dynamique change, que les prix des marchandises et de l’énergie chutent, que la croissance globale de l’emploi ralentit, et que l’économie mondiale demeure incertaine. Pour survivre à cette tempête aux facettes multiples, bon nombre d’entreprises ont adopté une gestion prudente des dépenses, y compris des dépenses discrétionnaires. Bien que ces approches soient pragmatiques du point de vue des propriétaires d’entreprises, ces décisions affectent aussi la liquidité des marchés. Pour répondre à ces changements, le gouvernement du Canada a récemment mis en place plusieurs plans de sauvetage en collaboration avec la Banque du Canada afin d’élargir les mécanismes de prêt et d’offrir des liquidités aux marchés financiers et aux entreprises qui doivent envisager la possibilité bien réelle d’insolvabilité.

Les impacts au Canada, surtout pour les petites et moyennes entreprises (PME), ne sont rien de moins que catastrophiques. Bon nombre d’entre elles doivent maintenant faire face à l’éventualité d’une baisse de la demande, de chaînes d’approvisionnement qui s’amenuisent, de revenus à la baisse, et d’un paysage financier lourdement endetté. La continuité des activités, la subsistance financière, les chaînes d’approvisionnement de rechange et la résilience opérationnelle font l’objet de nombreuses discussions dans plusieurs de ces entreprises. Parallèlement, l’équilibre du marché des industries numériques évolue aussi. Les fabricants de matériel électronique et informatique au détail auparavant lucratifs en ressentent les effets, les consommateurs priorisant l’achat de produits et services essentiels, alors que les entreprises cherchent à préserver leurs secteurs d’activité principaux et à retenir leur personnel. En réalité, avant même que le nouveau coronavirus soit officiellement déclaré une pandémie mondiale, les problèmes d’approvisionnement auprès de la Chine et les alertes de propagation internationale rapide de l’infection en février 2020 ont amené Apple à rajuster ses objectifs de vente pour le premier trimestre, une décision qui a subséquemment fait chuter ses actions de 4 %.

Le confinement, le télétravail et l’éloignement physique ont projeté l’économie mondiale sous le feu des projecteurs. Le commerce en ligne, la télémédecine et la consommation de jeux vidéo ont augmenté, et les plateformes d’apprentissage virtuel, les solutions de technologie financière et les services de télécommunications ont également connu une forte hausse de la demande.
Du jour au lendemain, ces changements ont souligné l’importance pour de nombreuses entreprises d’adopter les technologies numériques. Ils ont également testé les limites de nos établissements d’enseignement et illustré certaines des lacunes de l’économie des petits boulots. Il est presque impossible de prédire le parcours de cette pandémie, mais les récentes recherches du Conseil des technologies de l’information et des communications (CTIC) indiquent une baisse attendue à deux chiffres du pourcentage du rendement économique canadien
en 2020, suivie d’une reprise espérée en 2021. Bien que de telles prévisions se fondent sur plusieurs hypothèses, notamment une seconde vague d’infection à l’automne, la disponibilité d’un vaccin en 2021 et l’application de tests universels au Canada, une chose est claire : l’économie numérique sera plus importante que jamais.

Cette nouvelle réalité incite sans aucun doute les entreprises à innover et à repenser leurs chaînes de valeur. L’adoption accrue de l’infonuagique, les avancées en matière d’analyse des données et l’arrivée de l’apprentissage machine peuvent générer des gains d’efficiences et favoriser la productivité dans l’économie de l’après-COVID. Bon nombre d’entreprises envisagent le déploiement de systèmes autonomes et même de procédés de fabrication sans surveillance pour alimenter les chaînes d’approvisionnement intelligentes, en plus de possibilités à grande échelle d’utilisation de la télémédecine et de génération d’énergie neutre en carbone.

Bien que ces soubresauts de notre économie mondiale s’avèrent intimidants, ils mettent aussi à l’épreuve notre détermination, notre réactivité et notre ingéniosité face à l’adversité. De grandes questions sur l’efficacité et l’état de préparation de nos systèmes de communications, systèmes de santé, établissements d’enseignement, réseaux commerciaux et réseaux de transport seront soulevées, tout comme notre capacité de bâtir des communautés durables et un avenir véritablement écologique. Ce sont là certains des éléments qui nécessiteront une réponse politique exceptionnelle au cours des prochains mois, jetant les bases d’une reprise économique vigoureuse au Canada. Les plans d’aide et de relance du gouvernement du Canada constituent un soulagement apprécié pour bon nombre d’entreprises et sont justement nécessaires pour affronter la tempête à court terme. Soutenir des objectifs à long terme nécessite une réflexion sur les leçons apprises au cours des derniers mois et l’adoption d’une stratégie de redressement qui peut aider le Canada à sortir de la crise de la COVID-19 pour emprunter un chemin clair et résilient.

Le présent livre blanc traite des sujets suivants en tant que principaux piliers de l’avenir économique de l’après-COVID :

  1. accélérer la technologie numérique tout en favorisant l’adoption dans les PME canadiennes;
  2. assurer le perfectionnement et la préparation de la main-d’œuvre;
  3. créer des chaînes d’approvisionnement résilientes et miser sur le commerce;
  4. établir un système de santé connecté;
  5. assurer une cyber-résilience;
  6. soutenir une économie durable et neutre en carbone.

    Rapport

    Pour citer ce document:

    Anani, N., Cutean, A., McLaughlin, R., Rice, F. (Juin 2020). La résilience économique face à l’adversité – De la survie à la prospérité. Conseil des technologies de l’information et des communications. Ottawa, Canada.

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